Très tôt à l’école des Beaux Arts, j’apprenais à regarder la lumière qui s’amuse à découper les formes. On m’indiquait également dans ces ateliers, que la couleur des ombres qui découpe les silhouettes sont la plupart du temps dans les tons de bleu. Qui mieux que Gauguin pour nous en prouver l’évidence. On m’apprenait aussi à la même époque que le mot photographie était formé par les racines grecques photos et graphos. Dessiner avec la lumière devenait alors le chemin qui se présentait naturellement à moi. Plus de 30 ans de routes et de sentiers allaient tracer par la suite la ligne de mes horizons, plusieurs pays mêmes; puis voici que tout récemment, un autre mot se présentait à moi. Sérendipité.

Vous connaissez ! Serendipité ! Un mot qui vient du sanskrit indien. En résumé la sérendipité c’est la découverte heureuse d’une chose totalement inattendue et d’importance capitale, alors qu’on cherchait autre chose. Une façon d’explorer des territoires vierges, de découvrir des milieux inconnus, de faire des rencontres inattendues. De se donner le droit de sortir des pistes déjà tracées ou de virer de bord parce que la piste mène à rien ou que le terrain est inhospitalier. De s’émerveiller de nos découvertes et mettre des signes de piste pour pouvoir y revenir, pour pouvoir y inviter d’autres explorateurs de grand chemin.

Pénétrer la nature des choses. Voilà le sentier sur lequel je me suis attardé ces derniers temps. Je me suis mis à photographier différemment. Je suis passé par dessus l’idée simple de ce que l’on appelle le cadrage. Je me suis mis disons… À photographier le vent.

Nous croyons tous regarder la nature et c’est la nature qui nous regarde, qui nous imprègne.

Roger Dufresne

Arrêt sur image

Le photographe et cinéaste Roger Dufresne a une feuille de route impressionnante. Il s’est illustré autant en photographie, en cinéma, à la réalisation qu’à la direction de création dans le milieu culturel Montréalais et Laurentien. On lui connait des réalisations importantes qui ont été présentées aux États Unis, en Amérique Latine, en Allemagne, au Japon et tout dernièrement en Chine.

Gagnant de la meilleure photographie de plateau au Rendez-Vous du Cinéma Québécois pour le film Léolo.
Photographe réalisateur du plancher lumineux du Pavillon du Canada à l’Expo Universelle d’Hannovre en Allemagne (les quatres saisons).
Photographe réalisateur pour le Pavillon du Canada à l’Expo Universelle d’Aïchi au Japon (murales culturelles).
Photographe invité au World Photographic Event Focussing on Beijing.